DSO RTU
ORES
Le DSO RTU avec ORES, le gestionnaire de réseau wallon, sur une liaison producteur Modbus RS-485 avec des consignes de puissance absolue.
ORES est le gestionnaire du réseau de distribution de la majeure partie de la Wallonie et d’une partie de la périphérie bruxelloise. L’EMS de Voltmasters prend en charge le DSO RTU avec ORES pour les sites producteurs, en suivant la spécification ORES OPM-080-ST09, le complément à la prescription de raccordement C2/112.
ORES exige un contrôleur EMS en version 0.0.324 ou ultérieure. Sur un contrôleur plus ancien, l’option n’apparaît pas dans la liste ; mettez d’abord le contrôleur à jour.
En bref
- Le découplage de sécurité ne passe pas par cette liaison. Les points ORES ne portent ni arrêt d’urgence ni commande de découplage. Le découplage sur défaut réseau est assuré par la protection C10/21 autonome de l’installation, entièrement en dehors de l’EMS. Ne câblez et ne mettez rien en service en supposant qu’ORES peut arrêter l’installation via l’EMS.
- Chaque valeur écrite par ORES est une véritable instruction. Aucune valeur ne signifie « produisez librement » : 0 MW signifie ne produisez rien. Tant qu’ORES n’a rien écrit, rien n’est imposé du tout, ce qui est un état différent d’un 0 reçu.
- Des consignes absolues, appliquées au point de raccordement. ORES écrit une puissance absolue ; l’EMS la traduit en plafond d’injection, de sorte que charger la batterie satisfait le plafond au même titre qu’écrêter le PV.
- Cinq minutes avant qu’une instruction prenne effet. Chaque consigne de puissance active porte un délai de validité de cinq minutes, y compris celle qui desserre la limite. La consigne réactive, une cible absolue en kVAr par bloc de production, prend effet tout de suite.
- Un watchdog dans chaque sens. Par défaut ils passent par la liaison elle-même et n’exigent rien ; câblés, ils passent par des relais intermédiaires sur le module IO.
- Sur alarme de watchdog, le site retombe sur sa puissance permanente contractuelle. Celle-ci peut être plus large que la consigne en cours.
Installation
ORES pose les questions, l’installation répond. La RTU d’ORES lit les mesures du site et y écrit les consignes ; l’EMS ne prend jamais l’initiative de lui-même. La liaison elle-même passe par du RS-485, de la cabine d’ORES jusque dans le coffret du client.
Le schéma de raccordement
La liaison ORES dans le coffret : une liaison RS-485 pour les consignes, et les deux watchdogs chacun via un relais intermédiaire lorsqu’ils sont câblés.
Tout ce qui figure sur ce schéma est identique d’un site à l’autre : les paramètres de la liaison sont figés dans la spécification ORES et dans le contrôleur, il n’y a donc rien à encoder. Les deux watchdogs n’y figurent que s’ils sont câblés.
Ce qu’il vous faut
Les trois premières lignes sont toujours nécessaires. Le reste ne l’est que si la paire de watchdogs est câblée ; si elle passe par la liaison elle-même, aucun matériel supplémentaire n’est requis.
| Élément | À quoi il sert |
|---|---|
| MOXA MGate MB3180 en micrologiciel 1.2.2 | Convertit la liaison RS-485 d’ORES en Ethernet. |
| Câble blindé à paire torsadée pour A, B et GND | La liaison RS-485 de la RTU d’ORES vers la passerelle. |
| Câble Ethernet | De la passerelle vers le contrôleur Voltmasters. |
| Module IO Voltmasters | Porte les deux contacts de watchdog : une entrée numérique et une sortie relais. |
| Relais intermédiaire K1 à bobine 48 VDC, par exemple un Finder 38.51.7.048.0050 | Tient le 48 VDC ou 230 VAC d’ORES à l’écart de l’entrée numérique. |
| Relais intermédiaire K2 à bobine 24 VDC, par exemple un Finder 38.51.7.024.0050 | Permet à la sortie relais de fermer la boucle 48 VDC d’ORES. |
| Alimentation 24 VDC sur rail DIN | Alimente le module IO et le côté des relais intermédiaires tourné vers le module. |
La passerelle RS-485
Le contrôleur n’a pas de port RS-485 : une passerelle s’intercale donc pour convertir la liaison série en Ethernet. Cette passerelle doit être configurée comme maître du côté série : la RTU d’ORES émet les requêtes, la passerelle les transmet au contrôleur, et les réponses repartent sur le RS-485. C’est l’inverse du montage habituel, cela vaut donc la peine de le revérifier à l’installation.
Utilisez un MOXA MGate MB3180 en micrologiciel 1.2.2. C’est le convertisseur figurant sur la liste de matériel agréé d’ORES (OPM-080-ST09, « Liste matériel agréé »), et la version de micrologiciel y est figée. Vérifiez-la à la livraison.
Câbler les contacts via des relais intermédiaires
Ceci ne vaut que si la paire de watchdogs est câblée. Si elle passe par la liaison elle-même, il n’y a rien à câbler.
ORES pilote son contact de watchdog en 48 VDC ou 230 VAC, et le circuit de watchdog qu’il attend de l’installation fonctionne en 48 VDC. Le module IO ne peut prendre ni l’un ni l’autre directement : ses entrées numériques acceptent 10 à 30 VDC et ses sorties relais sont qualifiées pour 30 VDC. Chaque sens passe donc par un relais intermédiaire, pour que le module ne voie jamais que son propre 24 VDC local.
| Sens | Désignation ORES | Relais intermédiaire | Câblage |
|---|---|---|---|
| D’ORES vers l’EMS (entrée watchdog ORES) | WD-RTU | Bobine adaptée au signal ORES, par exemple un Finder 38.51.7.048.0050 à bobine 48 VDC | Le signal de watchdog d’ORES excite la bobine. Le contact libre de potentiel du relais amène un signal 24 VDC local sur l’entrée numérique du module IO. |
| De l’EMS vers ORES (sortie watchdog ORES) | WD-PLC | Bobine 24 VDC, par exemple un Finder 38.51.7.024.0050 | La sortie relais du module IO amène 24 VDC sur la bobine. Le contact libre de potentiel du relais ferme le circuit de watchdog 48 VDC d’ORES. |
Les deux relais sont excités en fonctionnement normal et le contact utilisé est fermé tant que tout va bien. Utilisez le contact qui se ferme quand la bobine est excitée, pour qu’un relais qui retombe ouvre le circuit. Cela porte la logique de la ST09 jusqu’au fil : une perte d’alimentation, une perte de communication ou un défaut du contrôleur désexcite le relais, le contact s’ouvre et une alarme de watchdog suit, sans que rien n’ait à agir.
Du côté sortie, une défaillance du contrôleur ou du réseau ne fait retomber le relais que si le watchdog de communication propre au module IO est activé et que le safe status de ce canal est réglé sur OFF. Sans cela, le module conserve le dernier état donné par l’EMS aussi longtemps qu’il reste alimenté. C’est le même réglage que pour une sortie d’arrêt d’urgence, voir Sécurité et exigences.
Configuration
- Sous Configuration → Réseau et marché → Paramètres DSO RTU, réglez le fournisseur sur ORES.
- Si la paire de watchdogs est câblée, attribuez les deux contacts ; si elle passe par la liaison elle-même, laissez-les vides. Voir Attribuer les contacts de watchdog ci-dessous.
- Vérifiez que la puissance d’accès en injection du projet correspond à la puissance permanente contractuelle du contrat de raccordement ORES. C’est cette valeur qui sert de repli au watchdog.
Tout le reste de la liaison est figé dans le contrôleur et correspond au formulaire de validation d’ORES. Il n’y a rien à transcrire par site, et donc rien à mal encoder.
Attribuer les contacts de watchdog
Les deux contacts se trouvent sous Watchdogs ORES dans les paramètres DSO RTU. Ils doivent être portés par un module IO :
| Contact | Sens du port | Signification |
|---|---|---|
| Entrée watchdog ORES | Entrée numérique | Le watchdog de la RTU d’ORES. Tant qu’il est actif, ORES ne peut pas envoyer de consignes valables. |
| Sortie watchdog ORES | Sortie relais | Le watchdog dû à ORES. Il reste fermé tant que l’EMS est capable de recevoir des consignes. |
Laissez un côté vide quand il n’est pas câblé. Un contact configuré prime sur le watchdog qui passe par la liaison, pour ce sens.

L’attribution des deux contacts de watchdog dans les paramètres DSO RTU.
Comment une instruction de puissance active est appliquée
ORES découpe un site producteur en blocs. Le PV du site se trouve dans le premier bloc de production ; le stockage n’est pas une production pour ORES et ne reçoit donc pas de consigne propre.
Un plafond absolu sur l’injection
ORES écrit une puissance absolue, négative : une limitation de production porte un signe moins sur le fil. La ST09 §17.4.5.4.4 permet d’appliquer cette instruction soit sur la production elle-même, soit sur l’injection au point de raccordement, et l’EMS prend le point de raccordement :
plafond d’injection = consigne − consommation du site calculée au moment où l’instruction a été reçue
C’est la voie qui permet à un site de se conformer sans jeter d’énergie. Si la consigne est de 4 MW et que le site consomme 1 MW, l’installation peut encore produire 5 MW, puisque seuls 4 MW atteignent le réseau. Charger la batterie avec le surplus PV satisfait le plafond au même titre qu’écrêter le PV, et conserve l’énergie.
Le terme de consommation est figé au moment de la réception, et non suivi en direct, parce que c’est ainsi que fonctionne le contrôle de conformité d’ORES : la consommation calculée est figée à l’arrivée de l’instruction, le plafond ne doit donc pas dériver ensuite avec la charge.
Dans l’arithmétique d’ORES, une batterie en charge compte comme de la consommation, parce que le stockage n’est pas l’un de ses blocs de production. C’est délibérément différent de la façon dont les tableaux de bord de la plateforme déduisent les flux de batterie de la consommation.
Cinq minutes avant que ça morde
La ST09 §17.4.5.4.3 donne à chaque consigne un délai de validité : une instruction devient valable cinq minutes après sa réception et le reste jusqu’à cinq minutes après l’arrivée de la suivante. La conformité à un instant donné se juge par rapport à la consigne reçue cinq minutes plus tôt.
L’EMS suit exactement cette règle, ce qui signifie qu’une instruction qui desserre la limite ne prend effet qu’après cinq minutes. Ne lisez pas ce délai comme un défaut pendant la mise en service : c’est la spécification.
Aucune instruction, et une liaison perdue
| Situation | Ce que fait l’EMS |
|---|---|
| Aucune consigne encore reçue | N’impose rien. ORES n’a rien ordonné, et 0 MW est un véritable « ne produisez rien » plutôt qu’une absence. |
| Une consigne est en cours, la RTU cesse d’interroger | Maintient l’instruction. Un ordre reste valable jusqu’à ce qu’il soit annulé : remonter en puissance serait le choix dangereux. Le contrôleur signale que la RTU s’est tue. |
| Une consigne est en cours, la liaison redémarre | Le journal des instructions survit au redémarrage. Un rebond n’annule rien. |
Puissance réactive
ORES pilote la puissance réactive comme une cible absolue en kVAr par bloc de production, ni comme une bande, ni comme un facteur de puissance. L’EMS l’applique comme cible PV de son réglage du réactif et la répartit en boucle ouverte sur les onduleurs PV, en respectant la puissance apparente de chacun. ORES relit les VAr ordonnés depuis le bloc de production, pas depuis le point de raccordement.
- Un 0 reçu est un ordre réel : tenir un facteur de puissance unitaire.
- Aucune cible encore reçue laisse le réglage du réactif à son comportement local.
- La consigne réactive ne porte aucun délai de validité ni terme de consommation : elle prend effet au cycle de régulation suivant.
Les watchdogs
La ST09 §17.4.5.5 définit un watchdog dans chaque sens : un que le gestionnaire pilote vers l’installation, et un que l’installation doit au gestionnaire en retour. Dans les deux cas, le signal est maintenu actif tant que tout va bien, de sorte que perdre l’équipement, le fil ou l’alimentation constitue en soi l’alarme. C’est la perte du signal qui est le défaut.
Par la liaison par défaut, par contacts en option
Par défaut, les deux watchdogs passent par la liaison ORES elle-même : l’EMS envoie un signe de vie chaque seconde et en attend un d’ORES chaque seconde en retour. Une absence de dix secondes constitue le défaut. Cela n’exige aucune configuration ni câblage supplémentaire.
La ST09 permet aussi de câbler la paire en contacts libres de potentiel. Voir Câbler les contacts via des relais intermédiaires pour le câblage et Attribuer les contacts de watchdog pour le réglage.
Quand l’entrée est fiable
Comme la perte du signal constitue l’alarme, une entrée illisible est traitée comme une alarme plutôt que comme une absence de nouvelles :
| Situation | Alarme |
|---|---|
| Non configurée | Non. Le watchdog qui passe par la liaison est utilisé à la place. |
| Configurée, mais le port ne peut pas être résolu | Oui. Le contact ne peut pas être vu. |
| Configurée, jamais lue, ou module IO en mauvaise santé | Oui. Perdre le contact avec le signal constitue l’alarme. |
| Configurée et lisible | Alarme quand l’entrée lit bas, c’est-à-dire que le contact est ouvert. |
Le côté sortie n’a pas besoin d’incident propre : s’il devient injoignable, le relais se désexcite et ORES lit l’alarme, ce qui est le fonctionnement voulu.
Ce que fait l’alarme
La ST09 précise que le watchdog doit être traité comme une consigne : un changement d’état porte donc le même délai de cinq minutes. L’alarme mord cinq minutes après son apparition et les instructions reprennent cinq minutes après sa levée. Une alarme qui va et vient à l’intérieur de cette fenêtre ne change rien.
Tant que l’alarme est en vigueur, les instructions d’ORES sont entièrement écartées, quelle que soit leur valeur, et le site retombe sur sa puissance permanente contractuelle au point de raccordement. L’EMS prend cette valeur dans la puissance d’accès en injection du projet, avant toute marge de sécurité : il n’y a donc rien de plus à configurer.
Le repli peut être plus large que la consigne en cours, et pas seulement plus serré. Un site sous une consigne de 4 MW peut revenir à une puissance contractuelle de 7 MW dès que l’alarme de watchdog prend effet. C’est le comportement prescrit par la ST09, pas un bug.
Indépendamment de tout cela, l’EMS continue de maintenir l’injection dans les limites réseau configurées pour le projet à chaque cycle de régulation : le raccordement est donc protégé, que le watchdog soit actif ou non.
Ce qu’ORES voit du site
| Mesure | Source |
|---|---|
| Puissance active de la production | La production PV du bloc de production |
| Puissance réactive de la production | La puissance réactive des onduleurs du bloc de production |
| Puissance active et réactive au point de raccordement | Le compteur d’énergie du raccordement du projet |
Chaque consigne envoyée par ORES lui est immédiatement renvoyée, pour que sa RTU puisse confirmer que l’instruction est bien arrivée.
Un onduleur PV qui ne rapporte pas de puissance réactive est publié à 0 VAr et génère un avertissement, parce que la télémesure du réactif sous-estime alors ce que fait l’installation.
Les incidents que le contrôleur signale
| Incident | Gravité | Signification |
|---|---|---|
| Liaison ORES coupée | Critique | La liaison n’est pas ouverte, ORES ne peut donc pas atteindre l’installation. |
| ORES n’interroge plus | Avertissement | La RTU a cessé d’interroger. Une instruction en cours est maintenue. |
| Watchdog ORES actif | Critique | L’alarme de watchdog est en vigueur, les instructions sont écartées et le site tourne à sa puissance contractuelle. |
Ce qui ne fait pas partie de cette intégration
- L’arrêt d’urgence, le découplage et la position des disjoncteurs. Absents de la liste de points ORES. Le découplage est assuré par la protection C10/21 autonome.
- Le point de raccordement mesuré par ORES elle-même. ORES peut fournir son propre comptage au point de raccordement au lieu de lire le nôtre. L’EMS transmet son propre compteur d’énergie, ce qui est le choix naturel puisque le projet en dispose toujours d’un.
- Une consigne sur le stockage. Le premier bloc de production porte le PV du site ; la batterie est pilotée par l’EMS pour respecter le plafond d’injection, pas par une consigne ORES propre.
Étapes suivantes
- Comment fonctionne le DSO RTU pour le modèle de pilotage général.
- Connexion RTU pour le raccordement sur site et les exigences réseau.
- Module IO pour le module qui porte les contacts de watchdog câblés.
- Mise en service et certification pour le processus de validation.